Le lundi matin, la boîte mail affiche 23 newsletters non lues. TLDR AI, The Rundown, trois alertes Google sur "nouveau modèle IA", un digest Feedly qui a agrégé 340 articles depuis vendredi. C'est la routine de veille technologique de la plupart des entrepreneurs et consultants IA : ouvrir chacune prend deux minutes, les lire vraiment prendrait la matinée entière. Alors le tri se fait en diagonale, en dix minutes, avec la certitude sourde qu'une annonce importante vient de passer sous le radar — encore.
Ce n'est pas un problème de motivation. Le volume d'information technique double à peu près tous les dix-huit mois selon les études sur la charge informationnelle des métiers IT, et 2026 ajoute son lot de mises à jour hebdomadaires de modèles, de frameworks qui changent de version tous les trois mois et de lancements produits qui redéfinissent une catégorie entière du jour au lendemain. Personne ne peut lire tout ça manuellement — la question n'est plus "comment je lis plus vite" mais "qu'est-ce qui mérite vraiment mon attention cette semaine".
La réponse la plus commune reste humaine : suivre trois ou quatre newsletters de confiance et espérer qu'elles couvrent l'essentiel. Ça fonctionne, avec un décalage de plusieurs jours et un filtre qui reflète les intérêts de leur auteur, pas les tiens. L'autre réponse, moins répandue mais plus taillée sur mesure, consiste à construire un pipeline : Perplexity pour interroger le web en continu sur des sujets précis et vérifier ce qui mérite d'être creusé, Make pour orchestrer la collecte, dédupliquer contre les flux RSS existants, et livrer un digest unique plutôt que quinze notifications éparpillées.
Le reste de cet article détaille comment ce pipeline se construit concrètement, ce que la fonctionnalité Scheduled Tasks de Perplexity change vraiment (et où elle s'arrête), ce que ça coûte en 2026 face à Feedly seul ou à une routine de newsletters, et pour qui ça vaut le coup de le monter plutôt que de rester sur un tri manuel.
Sommaire
- 5 critères pour juger une veille technologique vraiment tenable
- Perplexity et les Scheduled Tasks : la recherche qui tourne seule
- Make comme chef d'orchestre du pipeline
- Le pipeline complet : de la requête programmée au digest du lundi
- Construire ton scénario en 40 minutes
- Cas concret : le digest qui aurait signalé la sortie d'un modèle 3 jours plus tôt
- Ce que ce pipeline ne résout pas encore
- Make + Perplexity vs Feedly seul vs Google Alerts vs newsletters humaines
- Ce que ça coûte vraiment selon ton rythme de veille
- Verdict : qui a vraiment besoin de ce pipeline ?
5 critères pour juger une veille technologique vraiment tenable dans la durée
- 1 Un signal, pas un flux : la veille doit remonter 5 à 10 informations vraiment pertinentes par semaine, pas 340 articles à trier soi-même — sinon elle recrée le problème qu'elle prétend résoudre.
- 2 Une fréquence qui tient sans intervention : le système doit tourner seul à date fixe, sans qu'un humain doive se souvenir de relancer une recherche ou de rouvrir un onglet.
- 3 Des sources vérifiables, pas des résumés flous : chaque information remontée doit pointer vers une source citable — un "il paraît que" généré par une IA sans lien ne vaut rien pour une décision produit.
- 4 Un coût qui reste marginal : une veille personnelle ne doit pas coûter plus cher qu'un abonnement logiciel classique — au-delà d'un certain prix, l'humain redevient compétitif.
- 5 Une hiérarchie, pas une liste plate : une sortie de modèle qui change ton produit et un simple changelog mineur ne doivent pas apparaître avec le même poids dans le digest final.
Perplexity et les Scheduled Tasks : la recherche qui tourne seule
Perplexity a longtemps été un outil réactif : tu poses une question, il interroge le web en temps réel et répond avec des sources citées. La bascule vers une veille automatisée est arrivée avec les Scheduled Tasks, une fonctionnalité qui permet à un Space Perplexity d'exécuter une recherche de façon récurrente et d'en résumer les résultats automatiquement — "collecte et résume les dernières infos sur le concurrent A chaque lundi" ou "mets à jour un résumé de l'actualité IA chaque jour" sont les cas d'usage documentés par Perplexity lui-même. C'est le changement structurel qui rend cet article possible : avant, "automatiser sa veille avec Perplexity" voulait dire relancer manuellement la même requête chaque semaine.
Un Space Perplexity peut recevoir une instruction permanente ("privilégie les sources techniques primaires, cite toujours la date de publication") puis une tâche planifiée qui relance la même recherche à intervalle fixe — jusqu'à 15 tâches actives par conversation selon la documentation Perplexity. Chaque exécution renvoie une réponse synthétisée avec citations numérotées, exactement comme une recherche manuelle, mais sans qu'un humain ait besoin de la déclencher. Pour une veille technologique personnelle, ça remplace la relance manuelle hebdomadaire de "quoi de neuf sur les LLM cette semaine" — le point aveugle reste que chaque tâche tourne isolément dans son propre Space, sans lien entre elles.
Points forts
- Interroge le web en temps réel — pas de coupure de connaissances comme un LLM sans navigation
- Scheduled Tasks transforme une recherche ponctuelle en veille récurrente sans relance manuelle
- Citations numérotées cliquables sur chaque affirmation, vérifiables en un clic
Points faibles
- Chaque Scheduled Task reste isolée dans son Space — aucune dédoublonnage natif entre plusieurs tâches ou avec d'autres sources
- Sur un sujet très pointu ou très récent, le nombre de sources web disponibles reste parfois trop faible pour une synthèse solide
- L'API (Sonar) facture par requête et par token — un usage automatisé intensif change vite d'ordre de grandeur de coût par rapport à l'abonnement Pro grand public
Plan gratuit permanent, upgrade Pro sans engagement
Le plan Free suffit pour tester la recherche synthétisée avec citations, mais les Scheduled Tasks qui rendent la veille automatique nécessitent le plan Pro à 20$/mois — sans carte bancaire bloquée sur un engagement long.
Make comme chef d'orchestre du pipeline
Make n'ajoute rien à la qualité d'une recherche Perplexity — son rôle est de récupérer ce que Perplexity produit, de le confronter à d'autres sources, et de le transformer en un objet unique et priorisé plutôt qu'en un fil de plus à surveiller. Concrètement : interroger l'API Perplexity (Sonar) à date fixe avec un prompt de veille structuré, récupérer en parallèle les items d'un flux RSS agrégé (Feedly ou une sélection de flux directs), dédupliquer les sujets qui se recoupent, faire trancher un modèle IA sur ce qui mérite un signal fort, et livrer le tout dans un seul canal — Notion, Slack ou un email récapitulatif.
Make se connecte à Perplexity via une app dédiée qui appelle l'API Sonar avec une clé générée depuis le compte Perplexity, ou via un simple module HTTP si un paramètre précis manque à l'app native. Le scénario type appelle Perplexity une fois par sujet suivi (par exemple : "modèles de langage", "outils no-code", "réglementation IA"), récupère la réponse avec ses sources citées, puis la pousse dans un Google Sheets ou une base Notion qui sert de journal de veille daté et consultable.
Points forts
- Se connecte à n'importe quelle API exposant un point d'entrée HTTP, Perplexity Sonar inclus, sans attendre un connecteur officiel
- Peut interroger plusieurs sujets de veille en parallèle puis les fusionner en un seul digest via un module d'agrégation
- Diffusion flexible : Notion, Slack, email ou les trois en simultané selon la branche du scénario
- Coût marginal qui reste faible tant que le nombre de sujets suivis reste raisonnable (5 à 10)
Points faibles
- Aucune intelligence de dédoublonnage native — un module de comparaison de texte ou un second appel IA doit filtrer les doublons entre sources
- Système de crédits qui rend le coût d'un scénario multi-appels API difficile à anticiper sans test préalable
- Le module RSS natif ne prend qu'un flux par instance — surveiller 8 sources RSS demande 8 modules ou un routeur, pas une seule configuration
Plan gratuit permanent, sans carte bancaire requise
Le plan Free de Make (1 000 crédits/mois, 2 scénarios actifs) suffit pour construire et tester le pipeline de veille décrit ici sur un ou deux sujets, avant de passer au plan Core si la liste de sujets suivis s'allonge.
Le pipeline complet : de la requête programmée au digest du lundi
Un pipeline qui se limite à "appeler Perplexity une fois par semaine" ne fait que déplacer le problème : une synthèse de plus à lire, sans hiérarchie ni lien avec ce que Feedly a déjà remonté. Le montage qui tient compte cinq briques.
Étape 1 — Recherche : Perplexity interrogé une fois par sujet suivi
Le scénario Make se déclenche à horaire fixe (par exemple chaque lundi à 7h) et appelle l'API Perplexity une fois pour chaque sujet de la liste de veille — "sorties de modèles de langage cette semaine", "mises à jour majeures des outils no-code", "annonces réglementaires IA en France et en Europe". Chaque appel renvoie une synthèse avec ses sources citées, exactement comme une recherche manuelle dans l'interface Perplexity, mais déclenchée automatiquement.
Étape 2 — Collecte RSS : la couche brute que Perplexity ne remplace pas
En parallèle, un ou plusieurs modules Watch RSS Feed (ou un export Feedly si l'agrégation est déjà faite côté Feedly) récupèrent les titres et liens publiés depuis la dernière exécution sur une sélection de 5 à 10 sources jugées fiables — blogs officiels d'outils suivis, newsletters à flux RSS, forums techniques. Cette couche capte les annonces trop récentes ou trop nichées pour remonter dans une synthèse Perplexity, qui dépend de ce que le web a déjà indexé au moment de la requête.
Étape 3 — Dédoublonnage : ne pas répéter deux fois la même annonce
Un module de comparaison (correspondance de mots-clés ou second appel IA avec un prompt de classification) confronte les sujets remontés par Perplexity à ceux du flux RSS pour repérer les recoupements. Sans cette étape, une même sortie de modèle apparaît deux fois dans le digest final — une fois via la synthèse Perplexity, une fois via le titre RSS brut — ce qui recrée exactement la fatigue informationnelle que le pipeline cherche à éviter.
Étape 4 — Priorisation IA : distinguer le signal fort du bruit de fond
Un module OpenAI ou Claude reçoit l'ensemble des items dédupliqués et attribue un score de pertinence à partir d'un prompt qui définit explicitement ce qui compte pour l'utilisateur ("un changement qui affecte directement mon activité = signal fort ; un changelog mineur ou une mise à jour cosmétique = signal faible"). C'est cette étape qui transforme une liste plate de 15 items en un digest hiérarchisé de 3 signaux forts et 5 mentions secondaires — la différence entre une veille exploitable en cinq minutes et un fil de plus à parcourir en entier.
Étape 5 — Digest : un seul envoi, pas quinze notifications
Le scénario final compile les items priorisés dans un message unique envoyé à date fixe — une page Notion qui archive chaque semaine de veille, un message Slack pour une consultation rapide, ou un email récapitulatif. Chaque item conserve son lien source cliquable, hérité directement des citations Perplexity ou du lien RSS d'origine, pour permettre une vérification en un clic plutôt qu'une confiance aveugle dans le résumé.
Construire ton scénario en 40 minutes
Pas besoin de développeur. Le scénario minimal viable se construit dans cet ordre depuis l'interface Make :
- Générer une clé API Perplexity (Sonar) depuis le compte Perplexity Pro, puis créer la connexion dans le module Perplexity AI de Make.
- Créer un scénario Make avec un déclencheur planifié (par exemple "tous les lundis à 7h"), puis un module Perplexity par sujet de veille suivi (3 à 5 sujets pour commencer).
- Ajouter un ou deux modules Watch RSS Feed sur les sources RSS les plus fiables du secteur suivi, ou une exportation Feedly si la curation RSS est déjà faite en amont.
- Brancher un module IA de classification qui reçoit tous les items collectés et retourne un score de pertinence plus une étiquette de doublon si le sujet recoupe une autre source.
- Ajouter un module d'écriture Notion qui archive chaque item scoré dans une base dédiée, avec date, source et niveau de priorité — cette base sert de mémoire de veille consultable, pas seulement d'envoi éphémère.
- Ajouter un module Slack ou Gmail qui compile les items priorisés "signal fort" en un message de synthèse envoyé une fois par semaine.
Cas concret : le digest qui aurait signalé une sortie de modèle 3 jours plus tôt
Un exemple concret vaut mieux qu'une description abstraite. Voici ce qui se passe, module par module, pour un consultant en automatisation qui suit 5 sujets un lundi à 7h :
Déclencheur : planification hebdomadaire, lundi 7h00
Sujets interrogés : modèles de langage, outils no-code, réglementation IA, agents IA autonomes, outils de veille concurrents
Durée d'exécution : ~3 minutes pour l'ensemble du lot
Le scénario interroge Perplexity sur les cinq sujets, récupère en parallèle 60 items RSS bruts publiés depuis le lundi précédent, et transmet le tout au module de classification. Après dédoublonnage, 18 items uniques restent ; le module de priorisation en retient 4 comme "signal fort" — dont l'annonce d'une mise à jour majeure d'un outil no-code concurrent, remontée à la fois par Perplexity (synthèse citant le blog officiel) et par le flux RSS du même blog, donc fusionnée en un seul item plutôt que dupliquée.
Le message Slack envoyé à 7h03 tient en un écran : 4 signaux forts avec lien source, 6 mentions secondaires en une ligne chacune, et un lien vers la base Notion complète pour qui veut creuser. Sans ce pipeline, la même information — la mise à jour de l'outil concurrent — serait probablement arrivée trois jours plus tard via une newsletter hebdomadaire, ou aurait été noyée dans les 60 items RSS bruts jamais triés faute de temps.
C'est cette combinaison — recherche programmée, couche RSS complémentaire, dédoublonnage, hiérarchie — qui distingue une veille utile d'un simple agrégateur de plus. Automatiser la collecte ne sert à rien si le volume reste identique en sortie : le but est de réduire le nombre d'items à lire, pas de les déplacer d'une boîte mail vers un canal Slack.
Ce que ce pipeline ne résout pas encore
Avant de construire quoi que ce soit, il faut savoir où ce montage montre ses limites — pas après avoir raté une annonce importante en pensant le pipeline infaillible.
Perplexity reste, malgré ses citations, un outil qui peut se tromper : les limitations documentées incluent une variance dans la qualité des citations et un risque de surconfiance quand le web contient peu de sources fraîches sur un sujet pointu — les citations réduisent le risque d'hallucination sans l'éliminer complètement. Sur un sujet très récent ou très spécialisé, la synthèse peut sembler complète alors qu'elle repose sur deux ou trois sources seulement. Côté Make, le module Watch RSS Feed a ses propres angles morts documentés sur le forum Make Community : certains flux renvoient des articles obsolètes plutôt que les plus récents, l'option "depuis maintenant" retourne parfois un résultat vide sans message d'erreur, et un seul flux RSS peut être branché par instance de module — surveiller huit sources demande huit modules ou un routeur, pas une case à cocher.
- ❌ Laisser une Scheduled Task Perplexity tourner sans jamais relire le prompt : un prompt de veille qui ne précise pas le contexte métier dérive vers des résultats génériques au bout de quelques semaines — à revoir tous les deux ou trois mois.
- ❌ Faire confiance à un résumé sans vérifier la source citée : une citation qui pointe vers un article qui reformule lui-même une rumeur non confirmée reste une rumeur, quel que soit le nombre de fois où l'IA la reformule.
- ❌ Multiplier les modules RSS sans plafond de crédits Make : un scénario qui interroge Perplexity et plusieurs flux RSS à chaque exécution peut consommer des crédits plus vite que prévu — fixer une alerte de consommation avant de lancer le pipeline en continu.
- ❌ Ne jamais purger la base Notion de veille : une base qui accumule des mois d'items sans archivage ni suppression devient elle-même une nouvelle source d'infobésité, exactement le problème que le pipeline devait résoudre.
Ces deux limites se répondent en miroir : un pipeline Make mal calibré tombe sur des flux RSS silencieusement vides, tandis qu'un usage intensif de Perplexity peut se heurter à des quotas resserrés sans préavis clair — la fiabilité ne s'acquiert dans aucun des deux cas par défaut, elle se construit avec des tests réguliers et une marge de sécurité sur les volumes.
Make + Perplexity vs Feedly seul vs Google Alerts vs newsletters humaines
Construire ce pipeline n'est pas la seule route vers une veille technologique tenable. Trois alternatives coexistent, avec un compromis différent entre effort de mise en place et qualité du tri.
| Critère | Make + Perplexity | Feedly seul | Google Alerts | Newsletters humaines |
|---|---|---|---|---|
| Rôle | Pipeline sur-mesure — recherche programmée, dédoublonnage, priorisation IA | Agrégateur RSS avec IA Feeds pour filtrer par thème | Alertes mots-clés basées sur l'indexation Google | Curation humaine, envoyée à fréquence fixe par un tiers |
| Priorisation par contexte perso | Oui, via prompt IA personnalisé | Partielle, via mots-clés et thèmes Leo AI | Non, filtrage par mot-clé uniquement | Non, reflète les intérêts de l'auteur de la newsletter |
| Fraîcheur | Temps réel via l'API Perplexity + RSS | Quasi temps réel sur les flux suivis | Variable, dépend de l'indexation Google | Décalage de plusieurs jours à une semaine |
| Note | Make 4,6/5 G2 (270+ avis) · Perplexity 4,5/5 G2 (239 avis) | Non communiquée uniformément sur G2 | Service gratuit, pas de note commerciale | Variable selon la newsletter suivie |
| Prix d'entrée | Gratuit en test (Make Free + Perplexity Free), Pro requis pour l'automatisation complète | Gratuit, Pro dès 6€/mois annuel | Gratuit | Gratuit à quelques dizaines d'euros/an selon la newsletter |
| Effort de mise en place | Élevé — pipeline à assembler soi-même | Faible — abonnements de flux en quelques clics | Très faible — alerte créée en 2 minutes | Nul — inscription à une liste existante |
Feedly seul couvre déjà l'essentiel pour qui accepte de trier manuellement son flux : abonnement à des sources en quelques clics, IA Feeds qui filtre par thème dès le plan Pro+, et une interface pensée pour la lecture rapide. Sa limite reste l'absence de priorisation contextuelle profonde — Leo AI filtre par mots-clés et thèmes, mais ne connaît pas l'activité précise de l'utilisateur comme un prompt Perplexity ou Make peut l'intégrer. Google Alerts reste la solution la plus rapide à mettre en place, au prix d'un filtrage dépendant de l'indexation Google — des publications légitimes mais mal référencées n'apparaissent simplement jamais. Les newsletters humaines gardent un avantage réel : un vrai jugement éditorial derrière chaque sélection, avec le défaut inverse d'un délai de plusieurs jours et d'un filtre qui reflète les intérêts de leur auteur, pas les tiens.
Ce que ça coûte vraiment selon ton rythme de veille
Le calcul dépend de deux choses : combien de sujets sont suivis en parallèle, et à quelle fréquence le pipeline tourne.
| Rythme de veille | Make + Perplexity | Feedly Pro+ | Google Alerts | Newsletter payante |
|---|---|---|---|---|
| Veille légère (3-5 sujets, hebdo) | Gratuit (Make Free + Perplexity Free suffisent en partie, Perplexity Pro recommandé) | 8,25$/mois (annuel) | Gratuit | 0-15€/mois selon la newsletter |
| Veille active (5-10 sujets, hebdo à quotidien) | 10,59€/mois (Make Core) + 20$/mois (Perplexity Pro) | 8,25$/mois (annuel) | Gratuit mais tri manuel lourd | Cumul de plusieurs abonnements souvent nécessaire |
| Veille intensive (10+ sujets, plusieurs digests/semaine) | 18,82€/mois (Make Pro) + 20$/mois (Perplexity Pro), coût API Sonar additionnel si volume élevé | 1 600$/mois (Feedly Enterprise Standard) | Gratuit mais devient ingérable manuellement | Abonnement veille pro spécialisé, souvent 50€+/mois |
Ces estimations partent d'un scénario Make à 5-8 modules par exécution (appels Perplexity multi-sujets, modules RSS, dédoublonnage, priorisation, diffusion) à environ 1-3 crédits chacun selon la complexité. Le coût marginal par sujet de veille supplémentaire reste, côté Make, relativement faible une fois le pipeline construit — la vraie dépense se situe dans le temps de construction initial et dans l'abonnement Perplexity Pro, incontournable pour débloquer les Scheduled Tasks. Côté Feedly, le calcul est inversé : la mise en place est immédiate, mais le passage à l'Enterprise pour une couverture élargie (réseaux sociaux, dark web, jusqu'à 200 AI Feeds) grimpe directement à plusieurs milliers d'euros par mois — un palier pensé pour des équipes, pas pour une veille personnelle.
Le vrai arbitrage n'est donc pas "Make + Perplexity coûte moins cher que Feedly" dans l'absolu — les deux avoisinent 30 à 40€/mois pour une veille active — mais "le temps de construction et de maintenance du pipeline est-il rentabilisé par le niveau de personnalisation obtenu, comparé à un outil clé en main qui demande zéro configuration mais moins de contexte métier dans le tri". Sur un taux horaire de consultant à 60-80€/h, un pipeline qui prend une demi-journée à construire se rentabilise vite dès que la veille manuelle qu'il remplace dépassait 1h30 par semaine.
Verdict : qui a vraiment besoin de ce pipeline ?
Ce montage n'est pas nécessaire pour tout le monde. Quelqu'un qui suit occasionnellement l'actualité IA sans enjeu business direct n'a aucun intérêt à construire un scénario Make — une ou deux newsletters de qualité et un compte Feedly gratuit couvrent largement le besoin, pour zéro euro et zéro heure de configuration.
| Profil | Recommandation | Pourquoi |
|---|---|---|
| Curieux occasionnel, pas d'enjeu business direct | Feedly gratuit ou 2-3 newsletters ciblées | Le temps de construction du pipeline dépasse largement la valeur d'une veille sans conséquence directe sur l'activité |
| Consultant / freelance IA, 3-8 sujets suivis | Make + Perplexity Pro | C'est exactement le point où la priorisation contextuelle par prompt dépasse la valeur d'un tri générique de newsletter ou de Feedly seul |
| Créateur de contenu qui veut une couverture RSS large sans construction technique | Feedly Pro+ (AI Feeds, Leo AI) | Filtrage thématique déjà intégré, aucune configuration Make nécessaire |
| Équipe qui doit surveiller réseaux sociaux et sources non-RSS | Feedly Enterprise ou un service de veille dédié | Couverture multi-canal (réseaux sociaux, dark web) que ni Make+Perplexity ni Feedly Pro ne couvrent nativement |
| Agence qui pilote la veille de plusieurs clients aux besoins distincts | Make + Perplexity avec un scénario par client | Le prompt de priorisation se personnalise par client sans multiplier les abonnements newsletter |
La question qui tranche vraiment n'est pas "quel outil est le meilleur" mais "est-ce que le temps gagné à ne plus trier 60 items par semaine compense le temps investi à construire et entretenir le prompt qui fait ce tri à ta place". Sans enjeu business précis derrière la veille, la réponse penche vers un outil clé en main. Avec un contexte métier qui change vite et une activité qui dépend de rester informé avant les autres, le calcul bascule vite en faveur du pipeline sur-mesure.
Questions fréquentes
Les Scheduled Tasks de Perplexity suffisent-elles seules pour une veille technologique ?
Pour un seul sujet suivi, oui : une tâche planifiée dans un Space envoie une synthèse récurrente sans intervention. La limite apparaît dès que plusieurs sujets sont suivis en parallèle — chaque tâche reste isolée dans son Space, sans dédoublonnage ni hiérarchie commune entre elles, ce qui recrée un fil de plus à consulter plutôt qu'un digest unique.
Make peut-il appeler l'API Perplexity directement ?
Oui, via l'app Perplexity AI native de Make ou un module HTTP générique pointant vers l'API Sonar avec une clé API générée depuis le compte Perplexity Pro. La connexion se configure comme n'importe quel autre module Make, en collant la clé API dans le champ dédié.
Combien coûte ce pipeline pour une veille active sur 8 sujets ?
Généralement Make Core (10,59€/mois) plus Perplexity Pro (20$/mois), soit environ 30€/mois hors coût de construction initiale — comparable à un abonnement Feedly Pro+ combiné à quelques newsletters payantes, mais avec un tri personnalisé par prompt plutôt que générique.
Faut-il des compétences techniques pour construire ce pipeline ?
Aucun code n'est nécessaire, mais comprendre la logique d'une clé API et savoir écrire un prompt de priorisation précis facilite nettement la mise en place. Une personne sans appétence technique gagnera probablement plus de temps avec Feedly Pro+ et ses AI Feeds préconfigurés.
Feedly reste-t-il utile si on construit ce pipeline Make + Perplexity ?
Oui, en complément plutôt qu'en remplacement : Feedly capte des annonces trop récentes ou trop nichées pour apparaître dans une synthèse Perplexity, qui dépend de ce que le web a déjà indexé. Le pipeline le plus complet fait transiter les deux sources dans la même étape de dédoublonnage plutôt que de choisir l'une contre l'autre.
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